‡garden‡






Tous les soirs, sur l’esplanade de mon esprit,
Un homme saute et glisse dans une piscine, et à sa surface, gît.
Il y a toujours un regard et un sourire que l’on partage,
Et avant de se jeter à l’eau, il me jette en emoi.

Car je le vois, je le regarde, il nage.
Il sait que je le regarde, et je l’y verrai pas sinon.
Ces croisements qu’opèrent nos yeux,
C’est mon invitation au voyage,
Ma rampe claire qui brille de mille rayons.

Et tous les soirs, je guette son passage,
Suivant depuis mon crâne le chemin de son existence,
Après avoir dessiné les plans de sa création.
Bien que seul, loin de ma vue, mirage,
Il m’offre encore et toujours la même fragrance,
C’est chaque matin pénible que j’assiste à sa crémation.